Découvrir la nature de Madagascar

Pour ce troisième thème, je suis allée voir une nouvelle expo au Musée du quai Branly – Jacques Chirac : “Madagascar, Arts de la Grande Ile”.

Je ne pensais pas vraiment en faire un thème d’activités mais l’exposition m’a rappelée un voyage que j’ai fait là-bas lorsque j’avais 14 ans avec mes parents. Et en parcourant l’exposition je me suis dit que mon expérience valait le coup quand même car j’ai plein de choses à raconter sur ce pays.

Et notamment sur sa richesse naturelle qui en fait un lieu unique dans le monde. Cette île est même appelée sanctuaire de la nature par les scientifiques qui l’étudient. Les habitants de Madagascar ont appris à vivre avec cette biodiversité incroyable et à l’utiliser dans l’art et les traditions.

Paysage Madagascar, photo MarinePaysage Madagascar, photo MarineCaméléon Madagascar, photo Marine




Dans cet article, je vous propose des activités qui feront découvrir à vos enfants ou à votre entourage comment les hommes s’approprient leur environnement à Madagascar au travers d’activités ludiques sur la faune et la flore malgache, notamment un grand jeu de plateau que vous pourrez télécharger.

  1. Le saviez-vous ?
  2. Quelques petites activités
  3. Le grand jeu sur la nature de Madagascar
  4. Bibliographie pour aller plus loin

Le saviez-vous ?

75% des espèces à Madagascar sont endémiques

Baobabs amoureux, photo MarineCela veut dire que parmi toutes les espèces de plantes et d’animaux présents à Madagascar, les trois quarts ne se trouvent nulle part ailleurs sur la planète ! Ce qui fait beaucoup d’espèces uniques ! En sachant que Madagascar compte environ 12 000 espèces de plantes, cela fait donc 9 000 espèces uniques au monde sur cette seule île ! Par exemple, alors que le reste de l’Afrique ne compte qu’une seule espèce de baobab, Madagascar en compte 7 différentes !

Les lémuriens sont les cousins des singes

Ce phénomène d’espèces endémiques vient du fait que Madagascar s’est détachée très tôt du continent africain, et ce il y a 160 millions d’années ! Ainsi les espèces qui peuplent l’île n’ont pas beaucoup évolué contrairement à celles du reste de l’Afrique, car elles ont rencontré peu de prédateurs. C’est aussi pourquoi nous y trouvons les lémuriens, une des branches de primates ancestraux qui n’a évolué qu’à Madagascar ! alors que sur le reste de notre planète l’évolution a continué seulement sur la branche des singes.

Lémuriens blancs, photo Marine

 Lémuriens roux, photo Marine

 

 

 

 

 

L’emblème national est l’arbre du voyageur, le ravenala

Ravenala, photo MarineL’arbre du voyageur, de son vrai nom ravenala, est un croisement entre palmier et bananier. Il est surnommé ainsi (arbre du voyageur) car la forme de ses feuilles permet de recueillir l’eau de pluie et de la descendre le long des tiges pour que le voyageur de passage puisse se désaltérer. Mais son utilisation ne s’arrête pas là. Les graines sont broyées et cuites dans du lait pour faire une bouillie pour les enfants. Il est aussi communément utilisé dans l’architecture : les feuilles servent à couvrir les toits et le tronc découpé sert de plancher ou de cloisons. Et pour finir, la fibre de la plante peut servir à faire de la pâte à papier de bonne qualité.

Madagascar est le premier exportateur de vanille au monde

Il y a donc beaucoup de chance pour que la vanille que vous achetez dans le commerce provienne de là-bas ! Et les habitants comptent beaucoup sur cette plante, qui leur procure quelques ressources économiques de la part des autres pays. Madagascar exporte aussi les clous de girofle, le café, les fruits tropicaux et les crustacés.

Madagascar est surnommée l’île rouge

Parce que la terre y est très très rouge ! Et plus la végétation disparait plus l’île se recouvre de ce rouge si prononcé. Ce qui est aussi le signe que l’environnement y est terriblement menacé par l’homme. Tous les ans, la forêt recule d’1h de marche. Ce qui représente 200 à 300 000 hectares de forêt qui disparaissent chaque année ! La raison ? Les feux de brousse et culture sur brûlis qui servent à faire pousser le riz, à construire des maisons et aussi à produire du charbon. Mais il est difficile de reprocher à un habitant de cultiver sa parcelle de terre pour manger, de s’abriter et de se réchauffer. C’est vrai que le bois est la principale ressource de vie des habitants à Madagascar.

Village Madagascar, photo MarineVillage Madagascar, photo MarineVillage Madagascar, photo Marine

 

 

 

 

Les Malgaches sont les premiers mangeurs de riz au monde

Rizières, photo MarineLe riz représente 60% de la nourriture que consomme un malgache en une journée. Un malgache consomme en moyenne 125 kilos par an ! Le riz accompagne systématiquement tous les plats qui sont servis. Matin, midi et soir. Parfois, dans les campagnes reculées, les habitants ne mangent que ça. Accompagné très rarement d’un poulet pour une occasion particulière par exemple.

Les crocodiles sont considérés comme des ancêtresCrocodile, photo Marine

Le crocodile est le seul prédateur présent sur l’île (à part quelques serpents et autres petits reptiles). Certains des peuples vivants à Madagascar croient en la réincarnation de leurs ancêtres dans les crocodiles.

Le zébu est un symbole de richesse

Il accompagne tous les moments importants de la vie d’un homme. Pour chaque rituel (circoncision, funérailles, inauguration d’une maison), un zébu est sacrifié. Plus l’événement ou la personne sont importants plus il y aura de zébus sacrifiés. Le zébu est tellement important qu’il est considéré comme le double d’un homme. Si une faute a été commise, l’homme responsable sacrifie un zébu qui prend sa place en quelque sorte.

Les femmes utilisent une crème solaire naturelle

Crème solaire Madagascar, photo MarineLes habitants, mais surtout les femmes, à l’ouest de Madagascar notamment, utilisent le bois de santal pour avoir une protection contre les rayons du soleil. Elles frottent le bois contre de la pierre, ce qui forme une poudre diluée alors dans de l’eau. Cette pâte est appliquée sur le visage et devient jaune en séchant. Ce masque protège naturellement du soleil, très présent à Madagascar et adoucit la peau.

 

 

Quelques petites activités

Activité 1 : Memory des plantes et animaux

Voici une activité toute simple à mettre en place pour faire découvrir la nature de Madagascar ! Il suffit de faire des recherches d’images sur Internet puis de les imprimer en double (plusieurs images sur une page A4 pour faire des économies) et voilà !

Wikipédia propose notamment deux pages intéressantes avec des images.

Reste à piocher ce qui plait !

La page Wikipédia pour les espèces animales de Madagascar

La page Wikipédia pour les espèces végétales de Madagascar

Petit rappel des règles du Memory : il se joue tout seul ou à plusieurs. On dispose toutes les cartes face cachée éparpillées sur une table. A tour de rôle, on retourne une carte puis une autre. Si ce sont les mêmes on les remporte et on rejoue. Si ce ne sont pas les mêmes on les remet face cachée en les laissant à leur place et c’est au tour de la personne suivante. Le gagnant est celui qui a le plus de paires à la fin du jeu.

Activité 2 : Fabriquer des instruments de musique

Certains instruments viennent d’ailleurs et ont été introduits sur l’île au fil des métissages et de l’Histoire (guitare, accordéon, hautbois). Mais à Madagascar il y a aussi des instruments traditionnels joués à l’occasion de danses (nommées salegy, basesa, tsapika) et fabriqués à partir des éléments présents dans la nature.

Il peut donc être assez intéressant de fabriquer certains des instruments (pour les plus faciles) mais aussi de les jouer et pourquoi pas d’essayer de composer votre propre morceau en s’inspirant des musiques traditionnelles de l’île.

Valiha (instrument à cordes) : c’est une sorte de cithare tubulaire que l’on creuse dans du bambou (on peut prendre n’importe quel objet qui forme un rouleau, mais de préférence solide en métal ou en bois). On pratique ensuite des incisions sur les extrémités pour tendre des cordes sur toute la longueur du rouleau (de type guitare par exemple). En bloquant les cordes dans les multiples incisions pratiquées et en tendant bien cela devrait réussir à produire un son grave. A proximité des deux extrémités on cale un petit morceau de bois sous chaque corde (en faisant une petite incision pour que la cale reste en place). Et il ne reste plus qu’à jouer !

Kahiamba Rambo (percussions) : ce sont des baguettes de penjy (une sorte de plante) qui rassemblées dans la main sont frappées dans l’autre pour produire un son. Facile à faire : on prend des tiges de plantes ramassées dans la nature et coupées à la même longueur. (Des tiges de diamètre assez fin provenant de petits arbustes, d’environ 2mm et le plus droites possibles).

Korintsana (grelots) : Ce sont des graines placées dans un rouleau de feuilles de pandanus. Pour le fabriquer il suffit de prendre un rouleau (de préférence en bois) et d’y mettre des graines. On ferme aux extrémités avec un tissu et un élastique. On peut s’amuser à varier les graines pour voir le son différent qu’elles produisent.

Hazolahy (tambour) : Ces tambours sont sacrés et fabriqués à partir du tronc d’un arbre où on a sacrifié un bœuf. Ils servent aux grandes cérémonies rituelles comme la circoncision. Pour le fabriquer il sera plus facile de le faire avec une boîte de conserve et un ballon de baudruche. On enlève le couvercle de la boîte de conserve, on y place une poignée de riz. Puis on découpe l’extrémité du ballon (là où on souffle) et on le tend par-dessus la boîte. Plus il sera tendu plus le son sera joli. On maintient le ballon avec un élastique large.

Tsikadraha (racle) : C’est un petit racloir. Il est fabriqué à partir d’une tige de bambou et raclé avec une tige en bois. Pour le faire c’est simple : on prend une tige de bambou (large) si on en a sous la main, on la découpe entre deux nœuds. D’un côté la coupe est droite, de l’autre elle est taillée en biseau. On fait quelques incisions à égale distance tout le long du bambou. En jouant on fait varier les sons en bouchant plus ou moins l’extrémité en biseau avec la main qui tient le bambou.

Il existe d’autres instruments : jejivoatavo (arc musical), sodina (flûte), kabiry (instrument à vent), kabosy (luth) mais ils sont beaucoup plus compliqués à réaliser soi-même.

Activité 3 : Dégustation de fruits

 

Marché Madagascar, photo Marine

 

Rien de plus agréable pour présenter les variétés de la nature de Madagascar ! Peut-être que vous en trouverez certains au supermarché près de chez vous grâce à l’importation.

    • Le jacque : c’est une sorte de grosse mangue verte à la peau granuleuse. Il a un goût entre l’ananas et la mangue.
    • La pomme cannelle : c’est un gros fruit rond de couleur verte avec une peau écailleuse.
    • Le ramboutan : c’est comme les litchis ! Mais ceux-là sont poilus c’est rigolo. Et en plus, le noyau se mange.
    • Le kaki : ça ressemble à des tomates oranges.
    • Le pocanelle : c’est super bon et sucré mais il y a pas mal de pépins
    • Le corossol : c’est un gros fruit vert recouvert de petites pointes. On en trouve parfois en commerce.
    • Et des plus connus : la banane, l’orange (mais là-bas elles sont plus petites et jaunes), la papaye, la goyave, l’ananas, l’avocat, la canne à sucre, et la vanille bien sûr !

Activité 4 : Cuisiner un plat typique

Je vous montre ici une recette d’un des plats les plus répandus là-bas et que l’on peut faire ici. Car il faut le dire, ce n’est pas simple de reproduire la cuisine d’ailleurs chez soi quand on n’a pas tous les ingrédients sous la main !

La recette du Romazava :

    • pour 4 personnes
    • Ingrédients : 600gr de bœuf (viande grasse de pot-au-feu) – 200gr de brèdes mafana (ce sont des fleurs jaunes qu’on peut trouver dans les épiceries asiatiques et qui donnent le gout un peu épicé) – 1 oignon – 1 gousse d’ail – 20gr de gingembre frais – sel
    • Couper l’oignon, l’ail est les brèdes finement
    • Couper la viande en lamelles et saler
    • Mettre la viande, l’ail et l’oignon dans une cocotte d’eau bouillante remplie à moitié et faire cuire 30 minutes
    • Lorsque toute l’eau est évaporée, ajouter les brèdes
    • Mélanger et rajouter un peu d’eau avant de laisser mijoter encore 10 minutes

Un jeu traditionnel : le Fanorona

C’est un jeu qui ne se trouve qu’à Madagascar (ou presque) et qui existe depuis au moins 4 siècles. C’est un jeu de prises (comme les dames par exemple ou les échecs) et qui peut se faire avec les moyens du bord. A Madagascar, le plateau est tracé rapidement au sol ou sur un papier et les pions sont improvisés avec des cailloux ou des petites boules de papier.

Règles

fanoronaIl se joue à deux joueurs. Le plateau forme un quadrillage de 9 lignes sur 5, ainsi que des diagonales présentes à certains endroits.

Mise en place : L’un prend les pions d’une couleur (noirs) et l’autre les pions de l’autre couleur (rouges). Chacun se retrouve avec 22 pions.

But du jeu : capturer les pions de l’adversaire ou faire en sorte qu’ils soient bloqués. Si les deux joueurs se retrouvent à un moment tous les deux avec peu de pions restants et trop de déplacements sans fins alors il est préférable de déclarer la partie nulle et de recommencer.

Pour se déplacer : on déplace un pion à la fois en suivant les lignes et d’une intersection à une autre intersection si elle est libre. On ne peut pas sauter par-dessus un autre pion.

Pour capturer un pion : pour capturer, c’est un peu particulier. Soit on s’approche d’un pion adverse (l’intersection sur laquelle on va fait face à un pion adverse) soit on s’en éloigne (l’intersection sur laquelle on était est face à un pion adverse). On retire alors du plateau tous les pions adverses qui se trouvent sur la ligne de déplacement. Tout comme pour le jeu des dames, tant que le même pion peut capturer en effectuant un nouveau mouvement, il continue sans toutefois repasser par une intersection où il est déjà passé. Attention, il n’est pas possible de prendre en une capture à la fois les pions dont on s’éloigne et ceux dont on se rapproche, il faut choisir !

fanorona explicationsDans l’exemple ci-contre : le pion rouge capture dans un premier mouvement les pions noirs numérotés 1 en s’éloignant d’eux, puis les pions noirs numérotés 2 en s’éloignant encore, puis les pions numérotés 3 en s’approchant d’eux. Dans son premier mouvement, il aurait pu prendre le pion marqué de la croix ( X ) mais il a dû choisir entre ceux derrière lui et celui devant lui et a pris ceux de derrière (les numéros 1) puisque c’était plus avantageux.

 

Le grand jeu sur la nature de Madagascar

Cette semaine je vous propose un jeu de plateau type jeu de l’oie.

Le but du jeu est d’arriver à la case finale le premier. Tout le monde commence sur la case départ puis à tour de rôle on lance le dé et on avance du nombre indiqué. Certaines cases comportent des actions à appliquer quand on tombe dessus.

Le jeu proposé raconte l’histoire d’un petit Aye Aye (espèce de lémurien en danger d’extinction à Madagascar qui se prononce « Aïe Aïe »). Vous incarnez chacun un scientifique qui doit ramener un Aye Aye dans sa forêt natale. Vous démarrez dans la capitale et vous partez à travers le pays. Mais voilà votre parcours est semé de rencontres et d’aventures. Vous y découvrirez comment les hommes vivent avec la nature à Madagascar.

 

Vous pouvez télécharger l’activité toute prête à imprimer dans « Le livret d’activité pour découvrir le monde ». Ce livret est gratuit et vous trouverez le lien à la fin de cet article ou sur le côté. 

 

Bibliographie pour aller plus loin

Si vous voulez continuer à découvrir Madagascar et son environnement, il y a quelques références sympas dans le commerce.

Livres jeunesse, voyages, contes

J’ai trouvé ces quelques livres avec des histoires qui transportent les enfants dans Madagascar au côté d’autres enfants, ou dans un village, ou à propos de contes.

Zafy et Tam, enfants du métissage de Nathalie Boquien et Claude Grollimund, éditions Siloe jeunesse, 2008, à partir de 6 ans.

L’abre, l’eau et le vent de Jeanne Ralimahenintsoa et Rabeza, éditions Jeunes malgaches, 2013, à partir de 9 ans.

Niarovana-Caroline : un village à Madagascar de Patrice Olivier, Association Terra incognita, 2007, à partir de 9 ans.

Madagascar : rondes, comptines et berceuses de Mbolatiana, (livret + CD), ?, éditions Terres d’enfance, 2011, dès 2 ans.

Madagascar, 3 mois de voyage sur l’île rouge, de Claire Marca et Reno Marca, éditions La Martinière Style, 2011, carnet de voyage illustré.

Autres : dessin animé, jeux

J’ai trouvé aussi quelques références. Notamment bien sûr le dessin animé Madagascar de Eric Darnelle et Tom McGrath sorti en 2005 pour le premier. Même si les images de ce dessin animé sont complètement fictives et collent très peu à la réalité, il reste une référence de taille.

Il y a aussi ce petit livre de jeu-énigme où à travers les pages, les enfants suivent une enquête à Madagascar. Menace sur Madagascar, de Agnès De Lestrade et Pascale Chavanette-Iglésias, 2017, cahier de vacances du CE1 au CE2.

Et quelques jeux de société où on peut aborder l’environnement de Madagascar, notamment Sifaka de Azao Games sur les lémuriens, et Baobab de Blue orange sur les fameux arbres.

 

Et vous, avez-vous déjà fait des activités autour de la nature avec vos enfants ? Vous pouvez me le dire dans les commentaires !

 

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