Étonnez vos enfants avec ces activités à faire autour de la nature !

Pas de découverte des peuples ou des civilisations anciennes cette semaine. J’aborde un sujet culturel beaucoup plus scientifique : l’utilisation de la nature par les Hommes. Et notamment de ses poisons et venins ! Vous verrez à quel point une balade en forêt toute simple peut se transformer en épopée familiale juste avec quelques anecdotes bien placées. Et vous pourrez essayer quelques activités de balade en forêt proposées plus loin.

Ce thème des poisons est à la mode dans nos musées en ce moment. Il y a d’abord eu le musée des Confluences à Lyon qui a produit « Venenum, un monde empoisonné » et puis maintenant c’est au tour du Palais de la Découverte de Paris de faire sa propre exposition « Poison » avec cette fois des spécimens vivants.

Je vous propose donc de partir à la découverte de cette superbe nature, à travers les utilisations diverses que l’Homme en a fait et en fait toujours aujourd’hui.

Je dois préciser qu’il n’est donné aucune recette de poison dans cet article. Et que je ne cherche pas à montrer les effets désastreux des poisons sur l’Homme. Seuls quelques faits remarquables d’utilisation sont exposés afin de montrer la relation entre l’Homme et la nature, l’unique but de cet article. Par ailleurs, il est fortement recommandé que ce soit une personne suffisamment responsable qui lise cet article, non pas par risque de danger, bien au contraire, mais uniquement parce que certains termes peuvent paraître complexes pour un jeune âge et qu’ils doivent être expliqués selon la maturité de l’enfant.

Et sinon quel est donc l’intérêt pour les enfants de faire des activités sur un thème aussi particulier ? Et bien parce que cela les sensibilise bien sûr ! Vous pourrez ainsi aborder avec eux de manière plus sereine ce que tout parent doit un jour ou l’autre dire à ses enfants : qu’on ne mange pas tout dans le jardin ou pendant la balade en forêt. La partie Le saviez-vous va vous permettre d’avoir quelques anecdotes sous la main à sortir lors de vos prochaines balades en forêt. Et puis ensuite, je vous donne quelques activités à faire en même temps pour vous amuser avec vos enfants. Et enfin un Cluedo géant à faire chez vous.

Le saviez-vous ?

Notre nature est fascinante. Elle produit toute une diversité de mécanismes ingénieux pour se préserver. Et l’Homme au travers de l’Histoire et toujours aujourd’hui, essaye de s’en servir pour ses propres besoins.

Mais d’abord à quoi sert le venin aux animaux ?

Il est utilisé par au moins 150 000 espèces différentes. Il ne sert pas seulement pour la chasse. Il sert aussi à se défendre et parfois à faciliter la digestion. Les mécanismes d’empoisonnement sont très différents les uns des autres. Les serpents empoisonnent par morsure de leurs dents en forme de crochet. Certains insectes comme les abeilles possèdent un dard empoisonné. C’est le cas aussi des raies mantas. Les méduses piquent par contact. Les crapauds secrètent un poison sur leur corps qui leur évitera d’être mangé.

Pourquoi l’abeille meurt-elle ?

Abeille, photo de Claudio Fusaro (CC BY-SA 3.0)L’abeille pique et meurt mais la guêpe, elle si elle pique, elle ne meurt pas. Pourquoi cette différence ? Parce que le dard de la guêpe est lisse alors que celui de l’abeille est dentelé ce qui arrache une partie de son corps lorsqu’elle pique. En fait, la guêpe se sert de son venin pour manger. Elle pique ses proies pour les immobiliser et les donner à manger à ses larves. L’abeille ne se nourrit pas de proies mais du nectar des fleurs, elle n’a donc pas besoin de son dard tous les jours mais seulement pour se défendre

Les poisons des plantes peuvent être mortels à haute dose mais à faible dose ils peuvent nous soigner

Digitales, photo de H. Zell (CC BY-SA 3.0)

La ricine est par exemple une plante mortelle. Mais on a extrait de ces graines une huile aux propriétés laxatives. Les aconits que l’on trouve au bord des rivières sont aussi mortelles. Mais elles peuvent, à très faible dose, soigner l’insuffisance cardiaque. Les digitales des sous-bois sont aussi très dangereuses mais elles peuvent également aider à soigner les maladies cardiaques.

Certains grands cuisiniers japonais préparent un plat à partir d’un poisson mortel

Fugu, photo de Chris 73 (CC BY-SA 3.0)Le fugu, c’est un poisson-globe qui gonfle pour se défendre ne peut pas être mangé. Une toute petite dose de ce poison est fatale pour l’homme. Pourtant certains cuisiniers japonais le préparent. En effet, seuls quelques grands cuisiniers, autorisés par le gouvernement japonais, savent le préparer pour qu’il soit inoffensif dans vos plats. Je ne sais pas si j’oserais…

L’arsenic peut soigner aussi !

L’arsenic a longtemps été utilisé comme poison dans les affaires crapuleuses des grandes cours aristocratiques. Comme par exemple dans les célèbres familles italiennes des Borgia et des Médicis. Son avantage est qu’il est complètement inodore et incolore et ne se décèle donc pas par la victime avant qu’elle ne l’ingurgite. Aujourd’hui, il est utilisé pour traiter une forme rare de leucémie. Avec précaution bien sûr.

Le plomb est très néfaste pour la santé

Ce n’est pourtant qu’au 20e siècle qu’on s’est rendu compte qu’il était néfaste pour le cerveau alors qu’il était présent dans tous les objets de la vie quotidienne !

Certaines petites grenouilles sont hautement mortelles

Dendrobate, photo de Michael Gäbler (CC BY-SA 3.0)Ce sont les dendrobates. En réalité elles ne produisent pas elles-mêmes leurs toxines. Ce sont les insectes qu’elles mangent qui les leur fournissent. Cependant, sur les 800 toxines connues qu’elles produisent, 60 d’entre elles ont déjà révélé leurs secrets aux scientifiques qui s’emploient à les utiliser pour les modifier et produire des antidotes.

Au fait pourquoi le venin des abeilles pique-t-il ?

La mélittine présente dans le venin perfore les parois cellulaires ce qui donne une sensation de brûlure. De par ses propriétés de destruction des cellules, les chercheurs tentent aujourd’hui de les utiliser pour créer des médicaments contre le cancer ou le virus du VIH.

Le monstre de Gila soigne le diabète

Monstre de Gila, photo de Cedricguppy (CC BY-SA 4.0)

Celui-là c’est un lézard d’Amérique qui mastique ses proies avec sa salive riche en toxines. L’une des toxines qu’il utilise (exendin-4) est une hormone qui régule l’insuline. Aujourd’hui on s’en sert comme médicament pour le diabète.

On ne se sert pas des venins seulement dans la médecine

Veuve noire, photo de Patrick Edwin Moran (CC BY 2.0)La veuve noire, une petite araignée qui ne mord que pour se défendre produit du venin qui sert à chasser ses proies. Certaines d’entre elles n’affectent que les insectes. En découvrant cela, certains chercheurs tentent aujourd’hui de l’utiliser pour en faire des insecticides inoffensifs et écologiques à la place de nos monstrueuses bombes d’insecticide qui puent.

Comment élabore-t-on un antidote ?

Il faut d’abord aller chercher le serpent dans son habitat naturel. Puis celui-ci se reproduit pour ne pas affecter les populations sauvages. Puis on extrait le venin en immobilisant la tête du serpent. Il est ensuite injecté sous forme dissoute à un plus gros animal (mouton, chèvre, etc.) qui va alors produire des anticorps. On prélève ces anticorps par prise de sang régulière et ils sont distribués aux hôpitaux.

Quelques exemples supplémentaires d’éléments naturels venimeux ou vénéneux

Passez votre souris sur les images pour plus de description. Vous en reconnaîtrez sûrement !

La cigüe : on la retrouve partout dans les mauvaises herbes avec ses grappes de fleurs blanches. Socrate en est mort. Mais à faible dose elle peut soigner les affections oculaires, photo de Colsu (CC BY-SA 4.0)Les colchiques : on les trouve dans les champs à la fin de l’été. Elles ressemblent aux crocus, photo de Mark Howanessian (CC BY 3.0)L’amanite phalloïde : un champignon que l’on croise beaucoup en forêt et qui fait beaucoup de ravages, photo de Danny Steaven (CC BY-SA 3.0)Le laurier rose : vous pouvez en cultiver dans votre jardin. Il ne faut surtout pas en manger, photo de JLPC (CC BY-SA 3.0)

 

Le poisson-pierre : ses épines dorsales sont venimeuses, photo de SeanMack (CC BY 2.5)

L’arsenic : il a été utilisé dans l’Antiquité pour soigner ulcères, syphilis, tuberculose, etc. Il a aussi été utilisé en cosmétique pour faire rougir les joues. C’est au 17e qu’il devient le poison tendance surtout dans les affaires de succession. Aujourd’hui il peut soigner la leucémie, photo de Aram Dulyan

Le suc d’hellébore : il était utilisé par les Celtes pour enduire leurs flèches empoisonnées, photo de Phyzome (CC BY - SA 3.0)

L’aconit : il était utilisé par les Scythes pour enduire leurs flèches, photo de Bouba (CC BY-SA 3.0)

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Quelques activités

Une petite randonnée de sensibilisation

Je vous ai donné quelques noms de plantes avec quelques photos. Voilà une bonne base pour aborder le sujet du danger de la nature avec ses enfants. Même si je doute que vos enfants s’amusent à manger les fleurs du jardin, être au courant de ce qui est dangereux vaut mieux que de le cacher. Bien sûr, si vous pensez que votre enfant va ensuite s’amuser à empoisonner le chien de la maison juste pour vérifier, attendez qu’il murisse un peu.

Profitez d’une balade en famille en forêt pour montrer quelques espèces. Il n’y en aura peut-être pas beaucoup sur votre chemin. Le mieux est donc de les garder en tête et si l’occasion s’y prête pendant une balade, vous pourrez sortir quelques anecdotes.

L’intérêt de la balade est d’introduire le sujet. Si vos enfants ont l’air de s’y intéresser, vous pourrez petit à petit leur donner plus d’anecdotes historiques par exemple et continuer à varier les activités, comme celles proposées ci-dessous.

Un quizz improvisé

Rien de mieux qu’un quizz pour rappeler certaines notions et s’amuser en même temps. A condition qu’il soit fait de manière improvisée. Sinon il sera vu comme une sorte de contrôle des connaissances par vos enfants (un peu comme à l’école, ce que ce blog essaye absolument d’éviter !). On est là pour s’amuser !

Pendant le repas qui suit la balade par exemple, au moment du dessert on peut lancer une question qui va rappeler ce qui s’est passé en balade. On lance par exemple : « le premier qui répond à cette question gagne un bout de dessert en plus ! » et puis la question : « tout à l’heure on a vu des champignons pas bons du tout, vous vous rappelez du nom ? » ou bien « quel personnage historique hyper important est mort de la cigüe ? » etc etc.

A vous d’inventer les questions ! Avec cette astuce vous serez sûrs que vos enfants ont bien intégré qu’on ne cueille pas les champignons.

Chanter des chansons

Toujours en balade en forêt, vous pourrez aussi leur proposer des paroles. Par exemple si vous croisez une plante nocive et que vous en parlez un peu avec eux, vous pouvez en profiter pour vous amuser ensemble à créer les paroles d’une chanson, qui répétée pendant la balade permettra de bien intégrer ces notions avec vos enfants.

Il en existe des toutes faites aussi. Il suffit de taper « poison chanson » sur Internet et vous verrez. Je vous en donne une que je connais :

J’ai ramassé des champignons
Des noirs, des rouges et des oranges
J’ai ramassé des champignons
Qui poussaient sur le vert gazon.

Refrain : Les petits gros
Les grands, les minces,
Les tous petits et les géants

Je les ai mis dans mon panier
Les noirs, les rouges et les oranges
Je les ai mis dans mon panier
À maman je les ai portés

Refrain

C’est interdit de les manger
Les noirs, les rouges et les oranges
C’est interdit de les manger
Alors je les ai replantés

Refrain

Mais le plus drôle c’est quand même d’inventer soi-même ses paroles. Vous lancez une petite phrase avec un air et puis les enfants suivront à tour de rôle.

Un match d’impro

Ça y est ! Vos enfants sont super au point sur tout ce qui concerne les poisons. Vous savez qu’il y a un moyen très amusant de continuer sur ce sujet ? Les matchs d’impros bien sûr. En plus d’aborder un sujet particulier, les matchs d’impros favorisent la capacité d’expression et d’imagination de vos enfants.

Le principe du match d’impros est très simple. Il vaut mieux être plus de 3 à participer par contre et être un nombre impair. Vous formez deux équipes égales de joueurs. Libérez un petit espace, dans le salon par exemple. Et puis le dernier joueur fera l’arbitre. Vous pourrez tourner un peu pour que chacun s’essaye aux différents rôles. Les joueurs vont tout simplement improviser des scénettes de théâtre à partir d’un thème imposé.

Avant de lancer la séance vous aurez griffonné des mots ou phrases sur des petits bouts de papier que vous aurez pliés et mis dans un chapeau. Ces mots ou courtes phrases seront imposés aux joueurs alors essayez de les challenger un petit peu sur le thème des poisons ça peut être rigolo.

Quelques exemples :

  • Un prince est changé en grenouille…dendrobate (le côté comique si vous l’avez bien compris c’est que pour retrouver son apparence normale il doit embrasser une princesse, ce qui va être compliqué car les dendrobates sont mortelles au toucher !)
  • La méchante reine de Blanche-Neige ne retrouve plus sa pomme
  • Spiderman s’est fait piquer par…une veuve noire ! (sa morsure n’est pas mortelle mais peut provoquer des troubles comme des hallucinations, sueurs froides, spasmes… imaginez maintenant le super-héros Spiderman dans cet état)
  • Rencontre amoureuse entre un poisson-pierre et un crapaud (le poisson pierre possède des épines dorsales venimeuses et le crapaud se défend en produisant des toxines pour ne pas être mangé, mais ces deux animaux sont surtout mal aimés et considérés comme très moches)
  • Etc.

Maintenant tout est prêt, vous avez vos petites phrases (essayez d’en faire une dizaine) et le jeu commence ! Vous tirez au hasard le premier petit papier et le lisez à voix haute aux deux équipes. Puis vous choisissez les paramètres suivants :

  • Nature mixte ou comparée : est-ce que les deux équipes jouent ensemble ou l’une après l’autre ?
  • Nombre de joueurs : vous pouvez imposer que toute l’équipe joue ou seulement un nombre défini (cela vaut surtout dans les grandes équipes)
  • Catégorie : le plus simple est de laisser l’imagination aux joueurs mais vous pouvez imposer le genre de la scène : en chantant par exemple ou en mimant, avec des accessoires seulement, de manière lyrique, contée, avec un air hautain ou encore un air triste, etc.
  • Durée : entre 30 secondes et 8 minutes (mais 8 minutes ça peut être long)

Vous laissez ensuite un peu de temps aux joueurs pour se concerter. Entre 20 secondes (temps officiel) ou plus si vous pensez que c’est mieux. Et après 20 secondes (ou plus) coup de sifflet et on démarre ! Le premier joueur de l’équipe rentre sur scène et commence son jeu, et puis viendra ensuite un deuxième, ou deux autres en même temps, etc. tout est possible ! Aux joueurs de décider du moment opportun pour rentrer sur scène et intervenir dans le jeu.

Dans les versions officielles, il y a un public qui vote pour la meilleure scène mais en famille c’est plus compliqué alors vous pouvez aussi faire deux équipes qui vont tourner sur les thèmes. Une qui joue pendant que l’autre regarde puis on tourne. 

La grande activité : un Cluedo géant

Pour la grande activité de la semaine, je vous propose un Cluedo géant rempli d’histoires meurtrières à jouer avec des pré-ados ou ados.

Dans ce Cluedo géant, les joueurs interpréteront une équipe d’inspecteurs chargés de résoudre des crimes. Au fur et à mesure des indices découverts, ils parviendront à élucider les différentes enquêtes, retrouver les coupables, les poisons utilisés et les mobiles des meurtres. Ce jeu de rôle permet aux jeunes adolescents de se familiariser avec l’aspect historique et culturel des poisons trouvés dans la nature : comment l’homme s’est servi de la diversité des moyens meurtriers de la nature pour parvenir à ses fins dans de sombres histoires.

Vous pouvez télécharger l’activité toute prête à imprimer dans « Le livret d’activité pour découvrir le monde ». Ce livret est gratuit et vous trouverez le lien à la fin de cet article ou sur le côté. 

Aller plus loin

  • La chaine Youtube de Coyote Peterson : il teste les piqures d’insectes.
  • Les bêtes dangereuses, dévoreuses, venimeuses, Jean-Baptiste de Panafieu, éditions Gulf Stream, 2014. A partir de 6 ans.
  • 100 infos à connaitre. Les animaux venimeux. Editions Piccolia A partir de 8 ans.

 

Et vous, qu’est-ce que vous faites pour sensibiliser vos enfants à la nature ? Laissez-moi un petit commentaire pour partager vos idées.

 

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